Trisk'ailes

Pourquoi reconnecter les jeunes à la nature est un enjeu de santé publique et de survie du vivant

Une jeunesse surconnectée, une biodiversité en danger, des politiques en décalage : reconnecter les jeunes à la nature est un enjeu vital. Trisk’ailes agit concrètement. Voici son projet en cours pour reconnecter 300 jeunes à la nature bretonne.

Une jeunesse déconnectée de la nature

Aujourd’hui, seulement 9 % des enfants passent plus d’une heure par jour dehors (source : INJEP). Un chiffre alarmant qui traduit une mutation profonde des modes de vie. Les jeunes passent de plus en plus de temps à l’intérieur, dans un environnement artificialisé, à l’écart du vivant. La nature, autrefois terrain de jeu quotidien, devient pour beaucoup un paysage lointain, parfois même inconnu.

Pourtant, les bénéfices du contact avec la nature sont bien documentés : diminution du stress, meilleure concentration, renforcement de l’estime de soi, stimulation de l’imaginaire, sociabilité accrue… Dès le plus jeune âge, les enfants qui interagissent régulièrement avec des milieux naturels se montrent plus apaisés, plus curieux, plus confiants.

Pourquoi alors cette déconnexion généralisée ? L’une des causes principales réside dans notre mode de vie numérique, et plus particulièrement dans la place omniprésente des écrans.

Enfant regardant un écran ©️ Nick Fancher pour Unsplash+

L'omniprésence des écrans, un facteur agravant

En 2015, les jeunes passaient en moyenne plus de quatre heures par jour devant un écran, en dehors de l’école, selon les derniers chiffres publiés par Santé Publique France (mai, 2024). Ces chiffres sont probablement loin de la réalité actuelle dans laquelle les mineurs sont exposés aux écrans tout au long de la journée et à la maison où l’on compte 10 écrans par foyer en moyenne.

Ce phénomène n’est pas anodin. L’Organisation mondiale de la santé (OMS) a publié en 2024 un rapport reconnaissant que 11 % des adolescents ont un usage « problématique » des réseaux sociaux et 32 % les utilisent de manière intense. Or de nombreuses études soulignent les effets négatifs de cette exposition prolongée aux écrans :

  • Troubles du sommeil

  • Anxiété et nervosité

  • Repli sur soi et isolement

  • Hyperstimulation cognitive et troubles de l’attention

  • Réduction des activités physiques

À cela s’ajoute un impact éducatif. Le temps passé sur un écran est souvent du temps volé à d’autres expériences fondamentales pour le développement. Notamment l’exploration, l’interaction sociale réelle et le lien avec la nature.

A ce sujet, Agir pour l’Environnement vous propose de diagnostiquer votre propre rapport à votre smartphone. En 2024, plus de 16 000 personnes avaient participé à cette étude.

Ce déséquilibre pose un véritable problème de santé publique. Mais il a aussi des conséquences plus larges sur notre rapport au vivant, et donc sur les choix de société que nous faisons collectivement.

L'érosion de la biodiversité agravée par des politiques rétrogrades

Le 8 juillet 2025, l’adoption de la loi Duplomb a créé un choc sociétal. Perçue comme une régression majeure pour la biodiversité, et comme une attaque à la santé publique et aux agriculteurs, cette loi autorise notamment la réintroduction de néonicotinoïdes dangereux pourtant interdits en 2018.

Comment une telle loi peut-elle être votée, en pleine crise environnementale, alors même qu’elle va à l’encontre des objectifs de transition écologique ? Les rapports scientifiques s’accumulent sur l’effondrement du vivant, les associations s’accordent sur l’urgence, les agriculteurs ne veulent pas de cette loi et pourtant…

La réponse tient en partie dans l’éloignement culturel croissant entre les citoyen·nes et la nature. Quand on ne connaît pas, on ne protège pas. Quand on n’a jamais croisé un papillon ou un triton, on ne se sent pas concerné par leur disparition. Quand on n’a jamais ressenti la paix d’une forêt ou la fascination d’un chant d’oiseau, on ne s’indigne pas d’une coupe rase ni du silence.

L’éducation à l’environnement a toute sa place ici, pour ouvrir les yeux sur notre lien étroit avec le reste du vivant.

Reconnecter les jeunes à la nature bretonne, un enjeu de santé publique et de survie du vivant
Construction d'un abri à hérisson avec les enfants du centre de loisirs de la Prévalaye à Rennes ©️ Trisk'ailes

Trisk'ailes agit pour reconnecter les jeunes à la nature bretonne

C’est précisément l’objectif du projet porté par l’association Trisk’ailes : reconnecter 300 jeunes à la nature bretonne en 2025.

Depuis sa création, Trisk’ailes sensibilise chaque année entre 150 et 250 enfants et adolescents, à travers des animations nature, des ateliers de terrain, des sorties guidées et des activités pédagogiques variées.

En 2025, l’association veut aller plus loin. Dans le cadre de son projet « Reconnecter 300 jeunes à la nature bretonne », elle organise des interventions dans les écoles, des centres de loirirs et les espaces naturels. L’idée c’est de permettre aux 5-18 ans de :

  • Découvrir la faune et la flore locales

  • Observer les oiseaux, insectes, plantes

  • Participer à des ateliers nature (mangeoire upcyclée, construction d’abris)

  • Développer leur coopération et leur esprit critique

  • Recréer un lien affectif avec leur environnement

Entre janvier et juillet 2025, Trisk’ailes a déjà sensibilisé 230 jeunes grâce à ses fonds propres. Aujourd’hui, l’objectif est de couvrir les frais engagés, d’assurer la continuité du projet et de permettre à d’autres enfants de vivre cette expérience transformatrice.

« Merci beaucoup pour vos interventions qui étaient tout à fait adaptées à notre public ! A la fois ludique et pédagogique, votre venue a été très appréciée par nos élèves et par les enseignantes. »
Directrice de l'École Sainte-Melaine de Plumelin (56) ayant accueilli Trisk'ailes pour une interventon scolaire
Directrice de l'École Sainte-Melaine de Plumelin (56)

Participez à la collecte de fonds de Trisk'ailes

Trisk’ailes a lancé une campagne de financement participatif sur HelloAsso. L’objectif est de réunir 4 000 €, soit 53 % du budget nécessaire au projet. Cette somme permettra de :

  • Financer les déplacements et interventions de Trisk’ailes sur le terrain

  • Acheter le matériel nécessaire aux activités (jumelles, guides, outils, supports)

Des paliers intermédiaires ont été pensés pour donner une visibilité aux avancées :

  • 600 € = matériel pédagogique acheté

  • 2600 € = 50 % des animations financées (environ 8 animations)

  • 4000 € = 100 % des animations financées (objectif total atteignable)

Bonne nouvelle ! Grâce à un premier don de 720 € de l’Institut Supérieur de Gestion de Paris, via son CSE, le projet a franchi son premier palier.

Mais il reste encore du chemin à parcourir. Toute contribution est utile, qu’elle vienne d’un particulier (comme Christophe qui a donné 20 € le 23 juillet) ou d’une entreprise. Des contreparties sont prévues pour remercier les donateurs et donatrices, et les entreprises peuvent valoriser leur soutien dans le cadre de leur politique RSE.

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